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Un petit poème... souvenir de ce festival du livre de Valbelle....

De Paul LAMOUR

 

Carole

 

La longue ligne courbe de mes souvenirs

Se perd dans le brouillard d’un lointain soir d’automne.

J’avais presque oublié le dring du téléphone

Déconnecté, aphone sans grand avenir.

 

J’empoignai soupçonneux l’appareil usagé,

-          Mais oui, alors c’est toi ! Comment vas-tu ma belle ?

-          Je viens tout juste de me marier dit-elle.

-          C’est tout ; Excuse-moi de t’avoir dérangé.

 

Et je l’ai invitée, y croyant à-demi,

Pour un dernier café, une bière, un steak frites.

Un bisou sur la joue, un regard hypocrite.

Carole était déjà au Bar des Bons Amis.

 

Une jupe trop longue sous un bleu manteau,

Légère trace rouge surlignant les lèvres.

C’est la touche qui m’avait fait devenir chèvre.

Blonde, elle en avait tant coiffées au poteau.

 

Elle attaqua très vite sans aménité,

De l’école aux masters il l’avait poursuivie,

Elle ne l’aimait pas plus qu’elle aimait la vie,

Et ne le garderait pas pour l’éternité.

 

Mentalement à ce beau discours j’applaudis.

Y croyant comme à un congrès politique

Traversé par un orage poétique.

Nous payâmes,  sortîmes de ce paradis.

 

On marche Cours Belsunce, le ciel est tout noir.

Dans un coin d’abribus je la coince, l’embrasse.

Elle est tendre, et un très long moment se passe.

Mais d’une minute à l’autre un Ange va choir.

 

Le camion des poubelles bientôt nous trouva.

Récupérant l’ersatz du marchand de légumes.

On entendit au loin une corne de brume.

Elle me dit : « Toi, c’est bien par là que tu vas ? »

 

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